Sargasses : Où en sommes-nous exactement ?

Les demandes citoyennes après deux mois d’échouages sargasses massifs

L’association des acteurs économiques, à l’instar de l’ensemble de la population de Capesterre et plus largement de Marie-Galante, se heurte à deux problèmes aujourd’hui, l’arrivée massive des sargasses et la conséquence des échouages sargasses non ramassés  au niveau sanitaire et économique mais également, à une désinformation, une certaine opacité, des annonces joliment paquetées et relayées via la presse et les médias sociaux mais suivies d’autres réalités terrains, sans parler des multiples et inconséquentes communications des uns et des autres, plus ou moins politisées, et qui jusqu’à aujourd’hui n’ont pas réellement ni apporté de solutions, ni même fait avancer concrêtement notre problématique à Capesterre…

L’association des acteurs économiques a donc écrit la lettre suivante à l’ensemble de nos dirigeants, les questions posées sont légitimes, les réponses donc attendues impatiemment.

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association des commerçants de marie-galanteAssociation des Acteurs Economiques de Capesterre de Marie-Galante
Rue de la Marine 97140 Capesterre de Marie-Galante
Tél : 0690.911.995
Courrier adressé par mail et en recommandé avec accusé réception, ce jour le 23 mai 2018
A : Monsieur Franck Robine, Préfet de la Zone Antilles, Préfet de Martinique, en liaison avec les préfets de Guyane et de Guadeloupe, Franck.robine@martinique.pref.gouv.fr Monsieur Jean-Michel Jumez, Sous-préfet de la Guadeloupe, Jean-Michel.Jumez@Guadeloupe.pref.gouv.fr Monsieur Ary Chalus, Président de La Région Guadeloupe, achalus@cr-guadeloupe.fr Madame Josette Borel-Lincertin, Présidente du Département de la Guadeloupe, info@cg971.fr Monsieur Patrick Vial-collet, Président de la Chambre de Commerce, p.vial-collet@guadeloupe.cci.fr Madame Maryse Etzol, Présidente de la Communauté des Communes de Marie-Galante, maryseetzol@gmail.com Madame Marlène Miraculeux-Bourgeois, Maire de Capesterre de Marie-Galante, bemar2@wanadoo.fr
Copie : Monsieur Patrick Oudin, Chargé de mission, patrick.oudin@dieccte.gouv.fr Monsieur Harry Durimel, harry.durimel@wanadoo.fr
Objet : demande d’informations précises et d’agenda de mise en œuvre suite aux annonces concernant les invasions de sargasses à Capesterre de Marie-Galante
Très inquiet de la situation de la commune après deux mois d’invasions massives et continues de sargasses dans le bourg et sur les côtes de Capesterre de Marie-Galante, l’ensemble des acteurs économiques qui se sont réunis en association, se mobilise afin de recevoir de source sûre :
1. Les dernières informations du préfet de la zone Antilles en charge de la coordination sur le dossier sargasses quant aux réels moyens financiers et techniques déployés à court, moyen et long terme pour endiguer l’échouage massif des sargasses sur les côtes, les plages et dans le bourg de la commune de Capesterre de Marie-Galante, ainsi que le stockage plus que dangereux sur nos sols qui abritent la nappe phréatique de l’île, seule source d’eau pour toute la population ;
2. Les dernières informations de la sous-préfecture sur les actions à très court terme concernant le ramassage de la zone de Petite Anse qui accumule des milliers de tonnes de sargasses en décomposition depuis le 19 mars 2018, et celles à moyen terme pour y empêcher les échouages compte tenu de la conformation de la côte à cet endroit ;
3. Les dernières informations sur l’aide financière que la Région Guadeloupe peut immédiatement débloquer au profit des entreprises les plus sinistrées qui ne peuvent faire appel à leur assurance et qui n’ont plus du tout de trésorerie pour faire face à leurs charges fixes immédiates ni aux frais de réparation ou de renouvellement de leurs matériels électroniques à la suite des dommages causés par la décomposition des sargasses depuis deux mois ;
4. Les dernières informations sur le soutien de l’Etat, de La région, du Département, de la communauté de communes à Capesterre de Marie-Galante en termes d’investissements en matériel dédiés et dans l’affirmative, la date d’arrivée de ces matériels ainsi que l’attribution par zone d’échouage ;
5. Les dernières informations du Département sur la nature des travaux mis en œuvre pour le nettoyage définitif du port qui est toujours enclavé malgré la brèche récemment ouverte, qui nous a montré à l’évidence qu’elle peut constituer une solution efficace pour l’évacuation des sargasses dans le courant depuis la digue Est, travaux qu’il faudrait d’ailleurs poursuivre par la destruction des deux digues pour rendre au courant sa direction naturelle afin d’éviter l’accumulation des quelques 2500 tonnes qui s’échouent quotidiennement et leur décomposition sur l’anse du bourg et le port ;
6. La confirmation de la Chambre de Commerce des dispositifs de soutien en matière sociale et fiscale et surtout la date effective de leur application à destination des entreprises de Capesterre de Marie-Galante qui subissent, malgré l’annonce de leur suspension il y a déjà quelques semaines, la saisie continue de leurs dernières ressources sur leurs comptes bancaires pour répondre aux moratoires successifs mis en place suite aux invasions de sargasses des années 2014, 2015 et 2016, et alors que leurs trésoreries sont exsangues après 2 mois sans aucune activité ;
7. Une date de rendez-vous urgent avec Monsieur Patrick Vial-Collet, Président de la Chambre de Commerce de la Guadeloupe, qui fait suite à une première demande écrite en date du 19 mars 2018 à la suite de laquelle nous avons été dirigés vers le service de la DIECCTE sans autre réponse, alors que la situation des acteurs économiques de Capesterre de Marie-Galante s’est terriblement aggravée depuis et qu’elle demande le soin particulier et attentif de toutes les administrations en charge du soutien aux entreprises sinistrées après les fléaux qui les touchent de plein fouet dont notamment l’ouragan MARIA et les invasions de sargasses.

En effet, du fait de la multiplication d’informations contradictoires par voie de presse ou télévisuelle, recueillies sur place ou par le biais d’autres associations de l’archipel, nous ne sommes pas en mesure de faire l’état de la réalité des mesures engagées par les différentes instances, ce qui ne nous permet pas d’évaluer de manière sérieuse l’avenir de l’activité de nos entreprises pour l’immédiat, le court terme, le moyen terme, et encore moins le long terme.

A cet égard, nous vous rappelons que les entreprises sont directement touchées par les sargasses depuis 7 ans. Que les invasions qui ont commencé en 2011 de manière brève, se sont répétées en 2014, 2015 et 2016 de manière beaucoup plus durable et massive, mais que c’est bien en 2018 qu’elles nous submergent en termes de volume et de durée, faisant passer les précédentes pour de simples avertissements. Malgré cela, et bien que certaines entreprises fragiles de la commune aient dû fermer leurs portes comme l’hôtel le Cap Reva, le cabinet de la dentiste, le club de plongée, etc., toutes les autres ont jusqu’à présent assumé toutes les pertes d’exploitation inhérentes à ce fléau et ont fait face à leurs responsabilités tant au niveau de leurs charges que vis-à-vis de leurs salariés. Cependant, à la date d’aujourd’hui, au vu de la réalité désespérante de la situation sur le terrain, dont vous trouverez ci-dessous les preuves en photos prises hier, et ce malgré l’intervention du RSMA que nous remercions infiniment d’avoir aussi bien travaillé compte tenu des conditions, nous n’avons toujours pas de visibilité sur les actions entreprises ou à venir. Anse du bourg de Capesterre : Port de pêche de Capesterre : Plage de La Feuillère : Anse précédent la plage de Petite Anse depuis le 19 mars 2018 : Plage de Petite Anse : La période 2017/2018 est donc la plus catastrophique pour toutes nos entreprises, qu’elles soient tournées vers le tourisme ou non.

Pour rappel : Se sont ajoutés aux dommages et pertes d’exploitation non encore remboursés de l’ouragan Maria survenu le 18 septembre 2017 qui n’a pas été déclaré en catastrophe naturelle, les pertes et dommages des années précédentes dus aux invasions de sargasses non pris en compte par l’état, les organismes sociaux et les assurances, puis l’invasion à laquelle nous faisons face depuis le 19 mars 2018, soit une durée de deux mois à ce jour, ce qui n’a laissé que trois mois d’activité au maximum aux entreprises de la commune pour faire face à l’ensemble de leurs charges sociales et fiscales. Une pétition lancée par le Collectif anti-sargasses fin avril 2018 a recueilli près de 27000 signatures pour que soit appliqué enfin le principe de précaution compte tenu des taux de métaux lourds et d’ammoniaque enregistrés dans la commune qui battent des records absolus et mettent en danger la santé des populations, ainsi que l’état de catastrophe naturelle pour permettre aux entreprises assurées de faire valoir leurs garanties de pertes d’exploitation et dommages. • Toutes les alertes possibles ont été adressées depuis 2014 par Madame le Maire de la commune, le médecin du bourg et l’ensemble de la population sur le risque sanitaire majeur que représente la décomposition des sargasses et sur la mort économique des entreprises. Ces alertes ont été suivies d’une large manifestation qui a entraîné la visite de Madame Le Ministre Pau-Langevin en 2015. • Toutes les instances ont également été sollicitées en leur temps pour répondre par la prévention à la probable récurrence d’invasions massives et durables à Capesterre de Marie-Galante qui fait partie des communes les premières touchées et les plus durablement, mais force est de constater qu’à l’exception de la mise en place d’un système d’alerte sargasses au niveau de l’archipel qui n’a pas servi à nous en protéger, notre commune demeure isolée et fait face seule à un phénomène qui touche aujourd’hui l’ensemble de l’archipel. • Nous faisons par ailleurs le constat qu’à ce jour, il n’existe encore qu’un point de mesure des taux d’hydrogène et d’ammoniaque et qu’il est situé près du port de Capesterre tandis que la population située aux abords de Petite Anse dont notamment un nombre important d’administrés et d’entreprises de tourisme dans les sections Pichery, cadet, Roche d’or et Petite Anse, souffrent de migraines chroniques, de vertiges, de saignements de nez et de nausées depuis le 19 mars 2018. • Les dernières mesures publiées par l’ARS en date du 15 mai font état des taux suivants : PPM : 9, Nh3 : 100 tandis que ceux de la semaine précédente s’élevaient à PPM : 12 et Nh3 : 120 Nous avons donc aujourd’hui dépassé le seuil de la menace sur l’emploi des salariés malgré la mise en place de l’activité partielle obtenue auprès de M. De Gaillande par notre association le 12 avril 2018, puisque ce sont maintenant directement les chefs d’entreprise qui sont contraints d’être présents dans leurs établissements, qui souffrent physiquement des conséquences de la décomposition des sargasses dans la commune. Nous réclamons donc, au nom de l’association, d’être informés clairement et directement de l’ensemble des projets de solution intermédiaire ou pérenne à l’étude ou en cours de mise en œuvre, et de leurs délais d’application pour en finir avec les échouages massifs de sargasses dans l’ensemble de la commune, ce qui permettra à tous les chefs d’entreprises de projeter la poursuite ou non de leurs activités et cela au moins pour l’immédiat et pour le moyen terme, notamment concernant les entreprises de tourisme qui doivent procéder de manière anticipée à des recrutements ciblés pour la prochaine saison. Ces informations revêtent la plus haute importance puisque, certaines entreprises n’ont plus aucune trésorerie et sont engluées dans les sargasses, que des travaux doivent être entrepris dans certaines autres à la suite de l’ouragan Maria avant l’arrivée de la période cyclonique imminente, tandis que pour d’autres encore, les investissements sont en attente ou soumis aux banques qui refusent de les suivre en l’absence de perspectives dans la commune. Concernant le volet économique, Il est d’ailleurs à signaler qu’à la date de ce courrier, seule l’activité partielle a été mise en place pour les entreprises de Capesterre alors que beaucoup d’entre elles n’ont pas de salariés et que toutes sont en danger de mort imminente parce qu’elles ne peuvent avoir recours à leurs assurances compte tenu de l’absence de déclaration de catastrophe naturelle. Nous n’avons donc pas de réponse officielle quant à notre demande d’exonération de nos charges sociales et/ou fiscales au titre de l’année 2018 et les différents dossiers ouverts auprès du RSI et des autres organismes sociaux ne donnent toujours pas lieu à suspension des paiements, que ce soit pour les entreprises qui sont à jour de leurs cotisations ou les autres qui accumulent d’année en année des moratoires sans parvenir à régler leurs dettes en raison des invasions récurrentes.

Vous comprendrez certainement que les membres de l’association ne peuvent plus rester spectateurs de la destruction de leur biens et activités et vivre dans une précarité qui se prolonge d’année en année au péril de leur santé, alors qu’elles ne peuvent recourir aux garanties souscrites auprès de leurs assurances onéreuses, ni au soutien de l’Etat et des collectivités. Capesterre de Marie-Galante souffrant par ailleurs d’un exode massif de population depuis la première invasion des sargasses, il est de plus en plus urgent d’agir sur le levier d’une zone franche au niveau du bourg pour permettre d’envoyer un signal fort aux entreprises locales qui voudraient persévérer et accroitre leurs activités, comme aux nouveaux entrepreneurs marie-galantais ou régionaux qui voudraient s’installer et qui dynamiseraient ainsi le tissu social et économique de cette partie de l’île.

Nous sommes également alertés par un dernier courrier de Madame le Maire qui indique qu’elle ne peut plus faire face à la dépense générée par le ramassage moyen de 1000 tonnes de sargasses quotidiennement et uniquement pour l’anse du bourg. Notre inquiétude légitime nous impose donc de connaître la réalité des montants alloués tant à la communauté de communes pour les matériels dédiés et leur date d’arrivée, qu’à la commune qui concentre un effort financier quotidien sur le seul ramassage au détriment d’actions urgentes en direction de ses administrés. Parmi les solutions intermédiaires proposées, nous avions soumis le projet d’acquisition d’un barrage flottant d’un kilomètre 200 à installer dans les eaux du bourg, qui, après étude, semble offrir toutes les garanties de détournement des sargasses vers les courants principaux, et concernant la zone de Petite Anse, celle de réutiliser le barrage flottant de type Polmar qui n’était pas adapté aux courants du bourg mais qui pourrait peut-être suffire à cet endroit. Pourrions-nous avoir des informations sur la suite qui leur est donnée ? Nous sommes terriblement impatients de recueillir vos réponses écrites et savons à quel point vous aurez à cœur de nous éclairer pour nous permettre une communication claire et précise à destination de tous nos membres.

Dans l’attente, Les représentants de l’Association des Acteurs Economiques de Capesterre de Marie-Galante
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A lire aussi , la lettre ouverte de Mme le Maire de Capesterre  M/gte
Les réelles fausses avancées du nettoyage Marie Galante marche ou crève

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2 thoughts on “Sargasses : Où en sommes-nous exactement ?

  1. Les derniers relevés de l’ARS sembleraient montrer une nette amélioration au 18 mai : 18/05/2018 CAPESTERRE DE MARIE GALANTE PLAGE DU BOURG H2S 1,4 et Amoniac 25
    18/05/2018 CAPESTERRE DE MARIE GALANTE PORT DE PECHE HZS 3,8 et Amoniac 60 – MAIS N’ayant pas eu de travaux pendant les jours fériés sur la plage ni le port (…) les taux à Mardi Matin relevés sur le capteur était à 9.9 eh H2S… et ça c’est notre réalité quotidienne.

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