Les Gratiferia ou Marchés Gratuits

Un petit geste presque anodin qui va révolutionner les sacro saints principes de la consommation

en savoir plus sur les Gratifiera  ou Marché Gratuit

 

Imagine un monde différent, Imagine un monde recentré sur l’homme, Imagine un monde où la première valeur est le plaisir d’offrir.

Ce monde est en marche, quelques révolutionnaires d’un nouveau type nous le révèlent faisant fi des sourires ironiques et mots convenus. Il est vrai il faut une bonne dose de courage pour échapper aux stéréotypes,. Dans ce monde on trouve les gratifiera…

Le Don gratuit désintéressé pour un monde solidaire

Le concept est ultra simple et c’est ce qui le rend vraiment beau : les gratifiera sont des marchés où chacun amène ce qu’il veut (objet devenu superflu, double usage…) pour l’offrir à celui qui en aura besoin ou envie.

Rien en échange ni troc ni réprocité même implicite. Je donne pour donner sans rien attendre d’autre.

D’un autre côté, un autre pourra le prendre sans fausse pudeur, sans gène comme pour tout ce qui est donné de bon coeur, je prends par besoin, ou simplement parce que l’objet me plait.

Origine

 

L’idée semble née en Argentine, en 2010, grâce à Ariel Bosio. D’où ce nom à consonance résolument espagnole. ce néologisme vient de gratis (ou gratuito) – gratuit- et feria -foire- ce qui donne mot à mot ‘foire gratuite’.

En France, elles ont d’abord été portées par Pierre RABHI et son association Les Colibris.

         Derrière le concept, toute une philosophie             

Donner plutôt que jeter, donner pour le plaisir d’offrir s’inscrit résolument dans une démarche de consommation collaborative, durable, solidaire. C’est changer l’approche quasi universelle centré autour de l’argent, de la possession, du bien personnel, de l’ego, pour une nouvelle réflexion autour des valeurs liées à l’humain.

Vivre dans un monde plus respectueux de la planète, d’entraide et de partage où le seul moyen de paiement est un sourire et un merci !  Presque une utopie, et pourtant ça marche… Il ne faudrait donc pas (complètement) désespérer de l’homme…

 

Oui, mais en Guadeloupe aussi ?

Si l’on peut s’interroger pour le territoire de la Guadeloupe, c’est que l’approche créole d’aujourd’hui s’est fortement éloignée des notions de solidarité traditionnelle, koudmen, entraide. Cette idée renverse radicalement une pensée bien ancrée dans le monde guadeloupéen, ce qui est donné n’a pas vraiment de valeur. On se méfie en général de ce qui est donné, on en vient vite à le déprécier.

Et pourtant, les gratiferia rencontrent un réel succès, une vraie vague de fond qui contredit formellement mes paroles précédentes. La première a été organisée en novembre 2013 à St François, depuis de nombreux marchés gratuits  sont proposés sur toute le territoire continental, et la vague parcourt et touche toute l’ile,  à Vieux Habitants, à Pointe Noire, et à  Basse Terre.

Quelques raisons pour participer à une gratiferia

  • moins de pollution : au lieu de jeter, donner
  • sans intermédiaire, sans argent :  échapper pour un temps de l’étau de la société de consommation, recréer des liens solidaires, respectueux, désintéressés entre les personnes
  • Une façon également de sortir d’un cercle vicieux achat / vente / déchets et proposer une nouvelle alternative qui semblait avoir été oubliée (hors du champ des proches)
  • l’opportunité de rencontrer de nouvelles personnes qui partagent ce bel idéal

Quelques règles

Tout peut peut se donner, a priori objets de la maison, du jardin, objets pratiques  ou artistiques sauf les armes et le chimique. Les objets doivent être en bon état, même si certains objets peuvent également être repris pour une autre finalité. Les animaux ne peuvent être donnés. 

D’une manière générale, on peut proposer tout objet ou service qui ne nuit pas à des personnes, à des animaux ou à la planète.

 Le troc n’est pas autorisé, parce que l’idée est que celui qui le souhaite peut prendre tout ce qu’il veut, sans contrepartie. Il n’y a pas de sens de la réciprocité. Il n’y a pas de troc, pas d’obligation implicite. On redonne sa vrai valeur à cet objet matériel.

Une seule obligation, un seul paiement donc :

Etre poli, courtois, souriant, aimable, affable, en donnant ou en recevant !

Imagine un monde différent : une utopie qui devient réalité

Dans quel film pourrions nous voir ce type de réplique :  « Servez-vous, tout est gratuit » ?

On pense tout de suite, impossible, quelle est l’arnaque?  À première vue, l’idée peut surprendre ou faire sourire… Pourtant, ce n’est plus de la science fiction car ces marchés existent bel et bien avec un message simple:

« Amenez ce que vous voulez, ou rien du tout. Repartez avec ce qui vous plaît ».

Nous attendons donc avec impatience le premier gratiferia de Marie-Galante.