Bilan Sargasses, Ca s’en va, et ca revient… et ça reste !

4 mois d’arrivages massifs de sargasses, 4 mois d’informations, de désinformations, de réunions haut sommet, bas de fond, citoyennes, publiques, associations, secrêtes, 4 mois de cris, de combats, d’alertes, 4 mois de maladies, de souffrances, de lassitudes…et aujourd’hui ?

COTE SANTE : Capesterre Bourg mais également de nombreuses sections ‘malad mèm’

De haute lutte nous avons obtenu d’avoir un capteur fixe. Car les premiers mois, aucune capture quotidienne, celles qui étaient prises ponctuellement (et  très souvent supérieures au taux dit ‘dangereux’ c’est à dire supérieure à 5 PPM) ne pouvaient être considérées comme significatives et servir de base à une quelquonque décision officielle.

 

Si l’on une moyenne sur Capesterre, c’est 4 en H2S et 61 en Amoniac (données avril/mai 2018). De plus nous avons des relevés assez souvent (et significativement) des relevés entre 8 et 12, avec des pics à 20, il y a même eu 27. Les conséquences sont perceptibles par tous : yeux qui brulent, migraines, envies de vomir, problèmes de peau, problèmes respiratoires…

 

 

 

Depuis des mesures sont prises, et nous commençons à avoir les taux pris par le capteurs à plusieurs moments de la journée. Ce capteur a été idéalement placé dernière un mur et avec une sonde à 2.60 m. Ils restent impressionnants.

ALORS QUID DU PRINCIPE DE PRECAUTION ?

Mme le Maire de Capesterre, sur la demande de certains citoyens, a décider de ne plus autoriser l’accès aux plages, notamment pour les activités sportives. Un arrêté qui aurait pu/ aurait du alerter les autres instances politiques et les marie galantais dans leur ensemble des difficultés de la commune et d’une urgence soit dans le ramassage, soit dans l’évacuation. Son action est restée symbolique, l’ARS encore très récemment dans un communiqué n’a pas reconnu la dangerosité de la situation. S’opposant de facto, à l’avis des médecins, aux réalités du terrain et a priori à leurs propres chiffres.

Pour le collège et l’école, des parents d’élèves ont alerté le rectorat. Idem, pour reconnaitre le problème, il faut être malade, mais même ainsi les malades ne sont considérés que des cas isolés.

Les faits sont là. L’avenir nous dira, comme pour d’autres problèmes sanitaires,qui avait raison, entre  le citoyen moyen qui souffre en son corps des gaz toxiques ou des grandes instances expertes. A ce jeu malheureusement, il n’y a jamais de gagnant.

Au niveau collectifs citoyens ? le principe de précaution a été dès les premières semaines annoncé comme une évidence, comme le moteur du combat à mener. Force est de constater que ces cris là n’ont pas été entendu.

Côté ministres – les annonces SANTE

Un constat immédiat : rien ne sera fait à court terme. les annonces concernent du moyen voir du long terme. nouveaux capteurs ? parfait. Un beau site internet intéractif. Mais il me semble qu’il existe déjà. Et (pour le coup c’est un sujet que je maitrise) le plus beau site du monde ne pourra exister que par les éléments qui lui sont fourni et la réactivité de ceux qui l’alimente. Par ailleurs cela ne reste qu’un des moyens et pas le plus percutant pour nos îles d’informer la population.

le site de l’ARS aujourd’hui : https://www.guadeloupe.ars.sante.fr/releves-hebdomadaires-relatifs-aux-sargasses (descendre en bas de page pour avoir les derniers relevés, dont le capteur Marie-galante) à au 4 juin le dernier relevé.

Pour les échouages aussi, plus de moyens plus d’actions sont annoncés, encore un site (sic) bien que pour le coup celui de la DEAL soit très bien fait, leurs annonces justes et claires. Qui a bien pu demander aux Ministres cela ? Ah, un mec qui travaille dans son bureau de Paris et à qui ont lui a demandé de préparer la ‘pochette surprise’ spéciale Antilles.

Maintenant comme le soulignent certains dessins humoristiques qui circulent sur le web en ce moment ‘Vite elles arrivent, … ‘ oui, elles arrivent. oui, elles se sont échouées. oui, elles se décomposent avec leurs copines. Cela me fait vaguement pensé aux sirènes d’alertes qui ne laissent qu’une solutions ‘tous aux abris »…

LE RAMASSAGE : un bien joli mot qui nous rappelle combien ‘Pawol sé van’

LE CONSTAT : le seul moment où un vrai nettoyage s’est fait pendant quelques heures ca été pendant la visite du Préfet le 31 et la visite des Ministres le 11 juin 2018

Et il faut le vivre pour le croire, car depuis LUNDI aucun nettoyage n’est fait sur les plages de Capesterre. AUCUN ! Aucun non plus à petite anse (le contrat signé par la préfecture s’arrêtait Le Lundi…). Certes personne n’est dupe, personne n’est naif à ce point, mais n’est ce pas un total manque de respect pour la population de sortir d’un chapeau magique des camions, des pelles en nombre suffisant pour qu’un nettoyage face illusion quelques heures. Personnellement, j’ai ressenti cela comme une insulte, à qui la devons nous ? Les machines sont sur l’île, elles peuvent de toute évidence travailler, mais voilà… 3 petits tours et puis s’en vont.

Insultant, comme cette cette question 3 jours avant la visite  ministérielle, lors de cette réunion d’urgence sur le port de Capesterre entre la CCMG, la préfecture et des entreprises, « si vous avez full moyens, vous pouvez nettoyer en quatre jours ? ». Pitoyable. Une réponse des entreprises a tout de même été qu’ils s’engageaient assez sérieusement à pouvoir nettoyer sérieusement la plage du bourg en quinze jours. A noter aussi que Gary (celui qui a le plus bossé sur cette plage, grace aux fonds propres de la commune de Capesterre, soulignons le à nouveau) a offert une semaine de nettoyage. C’est ça aussi la solidarité.

Alors côté ministres, la recette miracle ?

M. Nicolas Hulot l’a dit et répété, il ne fera pas de miracle. Et après son annonce effectivement il n’y en a pas eu. A moyen terme et à long terme peut être, et encore. Puisque la GRANDE ANNONCE c’est il faut pouvoir ramasser en 48 h. Un plan sargasses sub

itement et pour le coup miraculeusement efficace mis en place dès les prochaines arrivées. Sans doute les ministres n’ont – ils pas entendu le d

ésespoir des riverains, ‘on ne veut plus d’echouages’, le ramassage est couteux, difficile voir

impossible par endroits, et laissent plein d’inconnues encore au niveau du stockage.  Où, comment ? Facile, il faut trouver des solutions. Des études vont être faites, des analyses…(on attend toujours des réponses des analyses de 2015). 3 ans pour avoir des résultats d’analyses, mais 48 heures pour le ramassage, le temps on le sait bien n’a pas de valeur à Marie Galante notamment et dans toutes les Antilles d’ailleurs.

Bien entendu malgré cette visite express sur les îles du Sud, le problème de la double insularité pourtant fondamental (surtout en terme d’équipement et de réactivité) n’a pas été évoqué. La sécurité civile qui a bien oeuvré il y a quelques semaines l’avait pourtant bien compris et remonté au niveau de la Préfecture : il est beaucoup plus difficile de mutualiser les moyens techniques et humains dans les îles du Sud.

PAQUET CADEAU POUR LES SOCIO-PROFESSIONNELS

Personnellement j’ai adoré cette phrase ‘on ne va pas ajouter du désespoir au désespoir’,  notre Ministre l’a répétée à plusieurs reprises à chaque visite, et à sa conférence de presse. Et là pour ceux qui connaisse un peu l’histoire c’est le fameux ‘Je vous ai compris’ du général De Gaulle.  

Ce que l’on peut souligner avec toutes ces discussions, échanges avec la CCI, la Préfecture, les différents partenaires, c’est la parfaite écoute des doléances économiques, jsute ce qu’il faut d’empathie, de quoi réassurer (terme de M. Le Préfet) l’angoisse et à l’issue il est vrai une analyse assez correcte de la situation économique.

Concrètement : après quatre mois, une liste de décision a été publié et largement diffusée sur les différents réseaux et au sein des collectifs. Ces mesures sont globalement vraiment bien accueillies, mais je me demande bien pourquoi. Sans doute ma connaissance du tissu économique n’est pas assez fine, mais à part un bel effet d’annonce, je n’ai rien trouver dans ce texte et ces propositions  de fondamentalement nouveaux.


Un guichet unique au sein de la CCI, qui va à la place des commerçants ‘négocier ?’ avec les autres services URSAFF, RSI… C’est une bonne chose certes, on dispose ainsi de contacts, de noms, d’adresse mail.

La CCI assure l’interface avec les différents services partenaires du guichet unique afin de garantir une mise en
oeuvre rapide des soutiens éventuels.

Contact CCI : Nicole MOULA/ David ANGLOMA
– Courriel : gu.sargasses@guadeloupe.cci.fr
– Téléphone : N° vert 0800 111 971


Une rencontre avec la CCI laisse tout de même la répétition que la plupart des chefs d’entreprises connaissent, les solutions existent par défaut, comme les moratoires, le service social du RSI, l’aide pour ceux qui ont des salariés avec l’activité partielle…

ET SINON ?

LE MORATOIRE ou comment repousser à demain ce que l’on ne peut faire le jour même…

Au préalable l’entreprise doit remplir une demande de moratoire et sursis à poursuite selon un modèle type
disponible auprès du guichet unique qui vérifie la réalité des difficultés déclarées. Cette demande doit parvenir à la CCI au plus tard le vendredi 29 juin 2018.

Après c’est une étude cas par cas, espérons qu’elle sera (oserai-je écrire pour une fois) objective.

 

L’ACTIVITE PARTIELLE, un dispositif qui existe depuis toujours pour gérer la perte d’activité

Le dispositif d’activité partielle, permet aux entreprises de percevoir une indemnisation pour les heures chômées. Dans ce contexte particulier des sargasses, l’employeur dispose d’un délai de 30 jours pour saisir sa demande.

Il permet :

Pour le salarié : versement par l’employeur d’une indemnité horaire égale à 70% du salaire brut horaire  sans que la rémunération mensuelle soit inférieure au SMIC net

Pour l’entreprise de 1 à 250 salariés : l’employeur perçoit 7,74 € par heure chômée par salarié

Les indemnités d’activité partielle versées par l’employeur à ses salariés ne sont assujetties ni au versement
forfaitaire sur les salaires, ni aux cotisations de sécurité sociale, et soumises à un taux réduit de CSG et CRDS.

Démarche d’autorisation et d’indemnisation en ligne sur le portail : https://activitepartielle.emploi.gouv.fr

TRAVAILLEURS INDEPENDANTS SINISTRES : hé bien dites – le 
Ca ne changera rien au final pour les entreprises n’ayant aucune activité ni recettes, il peut se déclarer en cessation
temporaire d’activité.Il y a quelques avantages fiscaux, mais comme la plupart paient leurs charges en fonction du Chiffres d’affaires…

A noter  la prise en charge des cotisations dues à l’URSSAF,  encore une fois sur étude au cas par cas.

ENFIN POUR CEUX QUI N’ONT PLUS DE TRESORERIE

PRET BANCAIRE A Bpifrance avec une garantie à 70% et PRET DE DEVELOPPEMENT OUTRE-MER,

– Le Fonds de garantie – Renforcement de la Trésorerie, qui garantit jusqu’à 70% d’un prêt bancaire
destiné au financement des besoins en Fonds de Roulement, d’une durée de 2 à 7 ans (avec un taux fixe
garanti) et pour un montant de risque maximum de 1,5 millions d’euros, pour un outil de financement des investissements immatériels.

L’IEDOM propose par ailleurs un service de médiation du crédit qu’il est possible de mobiliser en cas de difficulté
avec son banquier. La médiation peut notamment être saisie au motif de :

– dénonciation de découvert ou autre ligne de crédit

– refus de rééchelonnement d’une dette

– refus de crédit (trésorerie, équipement, crédit-bail…)

La demande doit se faire en ligne sur le portailhttps://www.economie.gouv.fr/mediateurcredit

Alors malgré ces effets d’annonces largement médiatisées, aujourd’hui il n’y a rien de nouveau, rien de vraiment concrêt pour les entreprises en difficultés pour tous ceux qui n’ont pas d’autres revenus que leur commerces, pour tous ceux qui ont perdu leur outil de travail. Il semblerait qu’une centaine d’entreprise dans tous l’archipel soit directement impactées …

2.8% LE CHIFFRE CLE QUI EXPLIQUE BEAUCOUP

Enfin à la réunion des maires qui a eu lieu Mercredi, M. Le Préfet, Philippe Gustin, a évoqué le problème sargasses.

« Seul 2,8% du littoral habité est touché par les sargasses. Mais sur Internet, on a le sentiment que l’ensemble de l’archipel est touché. » On imagine l’impact négatif d’un tel tableau sur l’image de l’archipel et sa fréquentation touristique. « Il faut faire attention à ne pas rajouter une crise économique à un problème déjà grave. »

Bien sûr Marie-Galante et toute la Guadeloupe restent des destinations de rêve. Même Capesterre de Marie-Galante peut être la destination idéale, en terme de patrimoine, d’histoire, de faune et de flore. Quelques sargasses qui agacent, qui pollent notre bourg ne doivent pas effacer tout ce qui se passe au niveau culturel et sportif (vendredi 15, fête de la famille sur la Place Eboué, vendredi prochain moments poétiques avec les écoles…)

Ce qui m’interpelle c’est le manque de solidarité dans la mutualisation des moyens humains et techniques de la toute la population de l’archipel, et bien sûr à Marie-Galante et certains qui annoncent gentiment (entendu au Port) – « il ne faut surtout pas aller à Capesterre, d’ailleurs tous les commerces sont fermés et c’est trop pollué « 

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ALLEZ comme pour toute catastrophe, la nature nous fait savoir qu’elle est la plus forte qu’il faudrait de la respecter davantage. La vie continue malgré tout avec son lot de beaux moments et de belles rencontres. 

Si de cette catastrophe nait un meilleur respect, une nouvelle humilité, moins de déchets sur notre belle île, de nouveaux projets plus durables, je viens bien, à tire personnel, y laisser quelques plumes…